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Développement numérique : la France forte en infrastructure, mais faible en digitalisation d'entreprises

La France compte parmi les très bons élèves de la classe européenne en matière d'infrastructures numériques, mais la « digitalisation » de ses entreprises reste le gros point faible de l'Hexagone, selon le deuxième rapport sur l'état d'avancement de la « Décennie numérique » publié mardi par la Commission européenne.
Celui-ci mesure les progrès accomplis par les Etats membres dans la transformation numérique (adoption des technologies par les entreprises, déploiement des réseaux, numérisation des services publics…) en vue de remplir des objectifs européens fixés pour 2030.
Et le constat global pour l'UE est plutôt négatif. « Nous ne sommes pas en bonne voie pour atteindre nos objectifs en matière de transformation numérique en Europe, a averti Margrethe Vestager, vice-présidente de la Commission européenne. Nous avons besoin d'investissements supplémentaires dans les compétences numériques, la connectivité de qualité et l'adoption de l'intelligence artificielle ».
Gros progrès dans l'e-santé
La France, elle, obtient les « hourras » de l'UE en matière de couverture des foyers en fibre optique et en 5G. « Elle doit cependant faire attention aux derniers déploiements qui sont les plus difficiles à atteindre », souligne un haut fonctionnaire européen.
L'Hexagone a aussi fait sensation à Bruxelles pour son ambition dans les semi-conducteurs, alors que l'UE a lancé un plan visant à considérablement renforcer sa production. C'est le plus gros budget de la feuille de route française pour la « Décennie numérique » : 12 milliards, sur un total de 17,8 milliards.
La France se distingue aussi dans la transition verte du secteur des technologies de l'information et de la communication. Et elle s'est considérablement améliorée dans l'e-santé , grâce à de lourds investissements (2 milliards dans le cadre du plan de relance).

En revanche, beaucoup reste encore à faire au niveau des entreprises, notamment au niveau de la « digitalisation » très basique des PME. « En 2023, 52 % des PME avaient au moins un niveau de base d'intensité numérique, soit moins que la moyenne de l'UE, qui est de 57,7 % », souligne la Commission européenne.

Défiance

C'est le vrai talon d'Achille de la France. « Il existe un bon écosystème de start-up en France, mais il n'y a pas vraiment de diffusion globale de ces performances dans le tissu de toutes les entreprises », juge le même haut fonctionnaire. En particulier dans l'adoption des technologies avancées que sont le cloud, l'intelligence artificielle ou l'analyse de données, la France étant là encore en dessous de la moyenne européenne.

La population française elle-même fait preuve de défiance vis-à-vis du numérique : un récent Eurobaromètre a fait ressortir que seulement 64 % des Français considèrent que la digitalisation améliore leur vie, ce qui représente l'un des taux les plus bas d'Europe…

Bruxelles porte un regard perplexe sur ce retard des entreprises qu'elle considère d'autant plus inquiétant que, compte tenu de sa place de deuxième économie européenne, la performance de la France a un gros impact sur celle, globale, de l'UE.

La Commission appelle ainsi la France à « mettre en place des mesures supplémentaires » pour améliorer les performances de numérisation des PME, à « revoir » les mesures visant à soutenir l'adoption de technologies numériques avancées, ou encore à « favoriser la création d'écosystèmes locaux pour permettre aux technologies et aux meilleures pratiques de se diffuser dans l'ensemble du secteur des affaires ».

Les echos : Fabienne Schmitt

2 juillet 2024